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samedi, 07 mai 2011

ACHETER LE REAPER MAIS CONSTRUIRE AUSSI NOS PROPRES DRONES

INFO-AVIATION.com rend compte du colloque organisé au Sénat par le CESA le 2 mai 2011.

Le CESA est le centre d'études aérospatiales de l'armée de l'air.

Ce colloque avait pour objectif de débattre du rôle de l’avion de combat, du drone armé et de l’UCAV dans les conflits futurs : il s’agit d’apprécier la complémentarité entre ces différents systèmes et d’identifier les évolutions que l’UCAV peut induire en termes d’emploi de l’aviation de combat.

Le sujet était ainsi limité aux drones militaires mais il nous semble qu'il eut fallu au moins évoquer le marché des drones civils pour mieux mettre en perspective le marché global et comprendre les immenses possibilités qui s'offrent aux industriels Français.

Le débat a très vite tourné sur ce qui est si bien résumé par le titre d'INFO-AVIATION :

Drone armé : faut-il acheter le Reaper ?

Notre position dans ce blog est très claire :

1- Oui, il faut acheter le REAPER pour répondre de façon satisfaisante aux besoins de nos forces armées.

2- Mais cela doit nous permettre de mettre simultanément en place une stratégie nationale de développement de drones militaires et civils.

La situation est un peu comparable à celle qui existait après la guerre dans le domaine des appareils à réaction. L'achat de F 84, T 33, F 86, F 100, etc. Américains nous a permis de doter notre armée de l'air d'outils efficaces pendant que nous développions notre propre production de jets avec le succès que l'on connait et qui fût sans doute une des plus grandes réussites de l'industrie Française du XX° siècle.

En ce qui concerne les drones nous disposons déjà de savoir-faire et le "rattrapage" de notre retard sera sans doute beaucoup plus rapide : rien ne s'oppose à ce que la France devienne la REINE DES DRONES : C'EST L'OBJECTIF QU'IL FAUT SE FIXER.

Nombreux sont les pays qui ne veulent pas acheter de drones Américains ou Israéliens : il y a là une énorme opportunité pour la France.

ALLONS-Y !!!

Voici le compte-rendu d'info-aviation.com : http://info-aviation.com/?p=9068

 

Drone armé : faut-il acheter le Reaper ?

3 mai 2011   ·

Le colloque organisé le 2 mai au Sénat par le CESA fut l’occasion d’un vif débat entre militaires, industriels et politiques sur l’achat de drones armés pour l’armée française.

Le sénateur Josselin de Rohan affiche la couleur dès l’ouverture : « La France et l’Europe ont manqué la révolution des drones. Nous nous sommes fait des noeuds au cerveau, nous avons créé des concepts, mais pas de drones. »

Luc Boureau, directeur Military Air Systems de Cassidian

Depuis plus d’un an, l’armée française attend fébrilement l’arrivée d’un drone capable de détruire des cibles au sol. Cette absence se fait notamment sentir en Libye et en Afghanistan où l’armée de l’air peine à assurer ses missions, et doit parfois recourir aux drones américains pour désigner ses cibles. Le drone Harfang déployé à Kaboul est un bon exemple. « On est délaissé par rapport à des aéronefs plus évolués. Le Harfang ne possède aucune arme ce qui met en danger nos troupes au sol. » lâche le lieutenant-colonel Bruno Paupay, commandant en second de l’escadron drones Belfort basé en Afghanistan.

Le déploiement opérationnel du Harfang a pris cinq ans si bien qu’une fois sur le terrain son système est déjà obsolète. Démonstration vidéo à l’appui, le lieutenant-colonel Paupay montre deux images prises à distance équivalente en Afghanistan : l’une produite par le capteur du Harfang et l’autre par son homologue américain. La différence est flagrante. L’image du Harfang est monochrome, saturée et moins précise quand le drone US délivre une image en couleur de bien meilleure qualité et surtout beaucoup plus proche.

Face à ce constat accablant que personne n’ignore les industriels tentent une explication. « L’armement a bien été envisagé sur les drones à l’exportation mais le développement s’est avéré trop complexe et très coûteux. Mieux vaut attendre la version définitive du Harfang que d’armer la version actuelle. La seule limitation à l’investissement est la perspective d’exportation car un drone armé se vend moins facilement qu’un drone civil. Par ailleurs, il faut des armements plus légers (10 à 20 kg) », explique Luc Boureau, directeur de Military Air Systems chez Cassidian.

Jean-Claude Viollet, membre de la commission de défense à l'assemblée nationale.

Du côté des politiques, c’est l’exaspération. « Le Harfang même modernisé ne permettra pas de revenir dans la course ! », s’exclame Jean-Claude Viollet, député de la Charente et membre de la commission de la défense à l’assemblée nationale. « Acheter des Reaper sur étagère ? Parfait, je n’ai rien contre mais combien ça coûte ? Nous n’avons aucun chiffre. Que faire en cas de conflit d’intérêts avec les USA sur un théâtre d’opération ? En Libye les américains nous aident avec leur MQ-1 mais que se passera t-il si nos intérêt divergent un jour ? Faut-il armer les drones ? La question n’est même pas posée au gouvernement. Pourquoi ne parle t-on jamais du Heron ? Oui le drone MALE est indispensable au parc, on a même 139 millions d’euros pour le développer et peut-être même 141 millions en 2015. Par ailleurs, la coopération avec le Royaume-Uni est une excellente nouvelle car nous avons beaucoup de points communs avec les Britanniques qui possèdent en outre déjà un drone opérationnel, le Watchkeeper« .

Jacques Gautier, sénateur des Hauts-de-Seine et membre de la commission de défense, ne se pose pas tant de questions. Selon lui, l’achat du Reaper américain sur étagère s’impose, chiffres comparatifs à l’appui. « Le Reaper peut voler 22 heures avec 6 heures aller/retour. L’achat de 7 aéronefs et 4 stations Reaper à General Atomic sans francisation coûterait 314 millions d’euros. Le Harfang, lui, ne peut voler qu’une heure sur zone et nécessite 14h30 d’aller-retour pour un coût de 400 millions d’euros. Le Harfang est donc plus cher, moins performant, ne crée pas d’emplois et présente un risque de dérapage calendaire (block 6). Je recommande donc clairement l’achat du Reaper », conclue t-il.

Jacques Gautier, sénateur membre de la commisison de défense

Cette comparaison chiffrée du sénateur fait naturellement grincer des dents les responsables chez Cassidian qui annoncent un coût de 10 000 euros par heure de vol pour le Harfang. Le député Jean-Claude Viollet, lui, ne cache pas son scepticisme. « Que comprennent ces chiffres ? Le soutien, la formation, le satellite ? Si l’on est aux USA faut-il payer un loyer ? Toutes ces questions méritent d’être posées car elles n’apparaissent nulle part dans ce budget. »

En attendant les devis, la décision du gouvernement tarde à arriver. Il est probable que l’achat sur étagère de drones américains serait plus rentable financièrement à court terme, mais il s’agit d’un choix politique qui comme le souligne Jean-Claude Viollet, entraîne une dépendance. Les industriels français, eux, se disent prêts à investir à condition que les débouchés à l’exportation soient suffisants. Rien n’est moins sûr. En attendant, les militaires français se débrouillent avec un Harfang dont les missions restent limitées à la reconnaissance et à la surveillance.

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