Avertir le modérateur

mardi, 27 mars 2012

LES DRONES : L'UTILISATION COMMERCIALE EST LIEE A LA REGLEMENTATION

« Si les drones sont si bien, pourquoi ne connaissent-ils pas un développement plus rapide ?

L’utilisation commerciale des drones a été lente malgré les réductions de coût et l’amélioration de l’efficacité qu’ils apportent par rapport à l’aéronautique traditionnelle.

Beaucoup de questions sont en attente de réponses avant que l’on puisse en tirer pleinement parti commercialement et c’est pourquoi l’approche réglementaire de l’utilisation des drones est inévitablement lente »

Alan Corner, Helios. 

La question de l’intégration des drones a été posée lors de la conférence globale sur le trafic aérien qui s’est tenue les 6 et 7 mars à Amsterdam à travers deux interventions remarquables.

La première est celle de Steve Pennington, directeur du bureau Américain de l’aviation fédérale qui a estimé que d’ici 10 à 15 ans des avions de fret civil pourront voler avec un seul pilote, le copilote étant au sol, voire sans pilote du tout.

Pennington pense que l’un des principaux défis du futur proche sera effectivement la gestion des drones commerciaux car ils vont prendre un part importante des opérations militaires d’abord, mais également civiles et selon lui le mouvement commencera avec des compagnies de fret telles Fedex et UPS.

L’intérêt de cette intervention est qu’elle met l’accent sur l’importance des grands drones civils qui vont être le facteur majeur de la réindustrialisation des pays développés, tout en fixant une échéance proche.

Nous pensons qu’il est dans le vrai et que d’ici à 2050 une grande partie du transport de fret sera assurée par des drones : transport aérien certes mais également transport maritime et transport terrestre surtout, ne serait-ce que pour des raisons de protection de l’environnement, nos autoroutes arrivant à saturation.

La deuxième est celle d’Alan Corner d’Hélios(www.askhelios.com) qui, reprenant une brillante conférence tenue à Londres en octobre 2011, propose de suivre des pistes de travail sur la voie de l’insertion des drones dans l’espace aérien. L’étude complète, illustrée de nombreux schémas très clairs est disponible en Anglais à cette adresse :

http://www.askhelios.com/images/stories/publications/conference_papers/uas-forum-2011.pdf

En voici une approche synthétique .

L’usage commercial des drones a été lent, malgré l’opportunité qu’ils offrent de réduire les coûts et d’améliorer l’efficacité de nombreux opérations traditionnellement effectuées par des appareils pilotés : il y a de nombreux points à traiter avant que l’on puisse tirer profit des opérations commerciales menées par les drones.

Sans guides ni expérience les législateurs sont prudents bien que certains commencent déjà à bouger plus vite que d’autres : ainsi l’approche des opérations commerciales des drones sera inévitablement lente.

Les drones ont pourtant déjà atteint une certaine maturité en offrant une grande palette d’applications généralement répétitives et de longue durée. Sur les 10 ans à venir le marché serait estimé à 8 milliards d’euros.

 

Quelles sont les barrières ou plutôt les points qui peuvent finir par constituer des barrières et qui doivent donc être adressés dès maintenant ?

 

1-La volonté d’utiliser les drones.

2-La définition de leur concept opérationnel qui sera complètement différent des celui des appareils pilotés.

3-La validation de leur capacité aérienne.

4-La certification des équipages et le statut des pilotes de drones, leur formation et les conditions de leur licence.

5-L’accès à l’espace aérien à travers un accord international, leur donnant idéalement accès à tous les types d’espaces aériens.

6-L’identification et l’atténuation des risques.


Corner schéma 2.jpg


7-La mise en oeuvre sécurisée : l’intégrité de la chaîne de commandement et de contrôle qui est la clef d’une utilisation sûre.

8-L’image des drones dans les médias qui est plutôt négative, non sur le plan technique, mais à travers les dangers qu’ils pourraient représenter. Cela pourrait se faire par la promotion de l’utilisation positive des drones et, à notre avis, en évoquant l’impact positif que les grands drones de transport auront sur la circulation et la préservation de l’environnement.


Alan Corner pose ensuite une question pratique : que peut-on faire pour que le marché des drones réponde plus vite aux demandes des utilisateurs.

Et il propose l’approche suivante :


1-Approche à la fois de la base vers le sommet (qui est celle que nous avons adoptée pour la réunion du 14 juin à Paris.) et du sommet vers la base.

2-Agrément progressif de mises en œuvre opérationnelles à faible niveau de risque accompagnées de mesures de sécurité adaptées. Mesures regroupées dans un « kit de sécurité » pour les types d’utilisations agréés.

3-Mise en place réglementaire à partir des exigences pratiques telle qu’elle a été conduite par l’UK CAA qui est l’autorité de l’aviation civile Britannique.

4-Définition des types d’utilisation : police, incendie, photographie, topographie, surveillance (générale, frontières, etc.) agriculture, construction, oléoducs, transport lourd, etc.

5-Classification selon les types de drones (taille, masse, altitude, rayon d’action).

6-Paramètres selon les classes d’espaces aériens de A à G.


Ainsi la question de l’intégration des drones commence à être en débat. Alan Corner pense que le Royaume Uni a tous les atouts pour être pionnier en ce domaine.

Faisons en sorte que la France soit en tête avec la Grande-Bretagne.


lundi, 19 mars 2012

Les drones US sont contestés.

M. Winslow Wheeler, membre du Think Tank CDI (center for defense information) vient de publier  dans le blog Time Magazine's Battleland cinq articles sur les drones et tout particulièrement sur le Reaper.

Le dernier billet, en forme de conclusion a particulièrement attiré notre attention car il soulève des questions rarement abordées.

L’idée principale de M. Wheeler est que les Etats-Unis, et tout particulièrement ce qu’il nomme la communauté américaine de la Défense, devraient moins s’enthousiasmer pour les drones.

Que ceux-ci ne remplaceront pas les avions de combat pilotés et que, selon ses propres termes, il n’a encore fait qu’égratigner les implications de l’aventure amoureuse qui enflamme cette communauté pour les drones.

 Voici, en résumé ce qu’il avance.

«  les drones, et tout particulièrement le Reaper, sont l’exemple de la façon dont  un mauvais choix d’armes modernes peut rendre une politique de défense plus coûteuse et moins efficace.

 Ainsi le Reaper qui a été universellement décrit comme économique et susceptible d’apporter des capacités supplémentaires s’est, selon l’auteur, « cassé la figure » : il coûte plus cher qu’un avion piloté et ses performances sont attristantes par rapport à celui-ci : sur certains plans il n’est même pas à la hauteur d’un Cessna.

De plus le fait d’avoir créé une filière de pilotes de drones va diminuer les budgets d’entraînement des personnels navigants. Si les USA doivent un jour combattre un ennemi possédant une défense aérienne solide (avions et systèmes sol-air) que se passera t’il dès lors que les drones auront été balayés ? Trouvera t'on encore des pilotes capables de combattre avec des appareils pilotés ?Actuellement la confrontation de drones rudimentaires avec des ennemis incompétents ou mal préparés a fait naître un sentiments d’invulnérabilité amenant les Américains à considérer que la guerre est une option politique qui n’a aucune conséquence imprévisible sur leur territoire et se termine toujours bien à l’étranger. Les drones renforcent encore ce sentiment en supprimant les pertes humaines. Mais la guerre est rarement sans surprises et les USA se préparent à une longue série de surprises désagréables. »


 

Voici ce que nous en pensons.

 

Tout d’abord les deux métiers de pilote navigant et de pilotes de drones demandent des aptitudes, des qualités et une formation très différentes. Nous ne voyons donc pas en quoi la création d’une filière « pilote de drones » peut nuire aux navigants, à moins bien sûr que l’on considère la question en termes d’iso budget, l’argent des avions pilotés allant alors aux drones, mais il s’agit là d’une autre question qui est beaucoup plus large que celle de la formation et des aptitudes des pilotes.

 

En ce qui concerne la vulnérabilité des drones face à un adversaire doté d’une défense aérienne efficace nous partageons complètement les inquiétudes de M. Wheeler. Les drones actuels sont conçus pour des engagements asymétriques du fort au faible et auraient certainement un taux d’attrition fort élevé dans un conflit symétrique. Le drame est que dans tous les pays les investissements prévus vont vers des drones incapables de survivre face à une défense aérienne organisée.

 

La solution rapide et qui ne demanderait pas d’investissements lourds pourrait en partie être la dronisation d’appareils existants. Ce serait alors sans doute plus rentable de garder ces appareils et de les droniser que de les revendre. Nous pourrions envisager également d’acheter à l’étranger des appareils en voie de déclassement afin des les droniser.

L'US NAVY mène d'ailleurs des essais conculants sur la dronisation d'un F18 :

http://lesdrones.20minutes-blogs.fr/archive/2011/07/10/un...

FA-18D UAV.jpg

 

Même dépassés des Super-Etendard ou des F16B dronisés se comporteraient mieux que des Reaper face à une DA sérieuse. Et ce serait une très belle opportunité pour l'industrie aéronautique Française que celle du marché de la dronisation des appareils de combat existants à travers le monde.

C'est un domaine où les Etats-Unis ont peu d'avance sur nous : alors, allons-y ! 

 

vendredi, 09 mars 2012

LES DRONES : DEMOCRATIE A L’AMERICAINE

Dans notre pays les politiques et les administrations donnent l’impression de décider sans se préoccuper de l’avis des citoyens ou, en tout cas, manquent d’informations objectives sur ce que pensent les Français sur tel ou tel sujet.

 C’est pourquoi la démarche décrite ci-dessous va surprendre, en France et, sans doute, en Europe.

 

La Federal Aviation Administration (FAA) , équivalent de notre DGAC demande au public son avis sur la sélection de six sites de test pour les drones.

 

Logo FAA.png

 


En effet le Congrès a, par le « defense spending bill » du 31 Décembre 2011 et le « FAA reauthorization bill » du 14 février 2012, donné pour mission à la FAA de créer six sites de tests pour les drones à fin de commencer à intégrer ceux-ci dans l’espace aérien des Etats-Unis : cf. notre billet http://lesdrones.20minutes-blogs.fr/archive/2012/02/05/us...

Avant que la FAA ne lance l’appel à projets permettant de créer ces six sites elle a décidé de définir démocratiquement et dans une approche de la base vers le sommet les exigences, les standards, les critères de contrôle et d’évaluation de ces sites.

La FAA recherche donc l’avis des citoyens sur huit points. Vous allez sans doute penser que le fait de demander l’avis des citoyens sur ces items paraîtrait imprudent, inconsidéré voire dangereux à de nombreux politiques et hauts fonctionnaires Français. Mias apparemment aux Etats-Unis on juge que les citoyens ont meur mot à dire.

Jugez plutôt :

1) Qui devra gérer et mettre en œuvre les sites tests de la circulation des drones ?

2) A quels besoins généraux de recherche devront-ils  répondre ?

3) Quelles considérations, au delà de l’infrastructure et du financement, devront être prises en compte ?

4) Quelles caractéristiques opérationnelles des drones ces sites devront-ils permettre de tester ?

5) Quelles devront être les caractéristiques de ces sites ?

6) Quelles devront être les qualifications des opérateurs de ces sites et à quelles exigences devront-ils satisfaire ?

7) Selon  quels règlements de la FAA ces sites devront-ils opérer ?

8) Comment la gestion de leur volume d’espace aérien et leur efficacité opérationnelle seront-elles  évalués ?

Le public Américain pourra répondre pendant 60 jours à  compter du 9 mars 2012. Les réponses seront limitées à 2 pages et demie par question avec un nombre total de 25 pages en corps 12.

Vous pouvez accéder à ces demandes sur le site de la FAA http://www.faa.gov/about/initiatives/uas/ 
 

ou sur le site US spécialisé dans l’appel aux citoyens et dont la devise est « your voice in federal decision-making », votre voix dans le processus de décision nationale : http://www.regulations.gov


 

logo regulations.gov.png



Certaines choses nous agacent à juste titre chez nos alliés Américains mais nous pourrions parfois nous inspirer de ce qu’ils ont de mieux : voila un exemple de bonnes, de très bonnes pratiques : pragmatisme, efficacité, confiance dans le peuple.

En somme le cercle vertueux de la vraie démocratie.

La réunion du 14 juin à Paris va dans le même sens, très modestement : c'est déjà un début.



 

 

dimanche, 04 mars 2012

LE DRONE HELICOPTERE CHINOIS SVU 200

Le « Sunward Tech Star-lite SVU200 »  Chinois, petit drone hélicoptère, a effectué son vol d’essai.

CHinasuv200.jpg


Dennis Fetters son concepteur, designer Américain indépendant installé en Chine, indique qu’il a effectué plusieurs atterrissages et décollages puis un vol de 20 minutes et enfin le transport d’une charge de 200 kg, alors que sa charge utile maximum est de 244 kg.

Ce drone reprend la disposition d’un hélicoptère classique avec un rotor principal et un rotor de queue.

Son petit moteur de 78 cv lui assure une endurance de 2 heures et demi à une vitesse de croisière de 177 kmh 

La mission principale sera la surveillance des lignes à haute tension mais il pourra aussi accomplir des missions militaires.

La première vente est de 2 machines et une station au sol pour 1 200 000 euros

Flightglobal.com

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu