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dimanche, 12 février 2012

L’INTEGRATION DES DRONES ENTRE EN DEBAT

Dans une note du 25 janvier 2012 nous lancions, sur le thème de l'insertion des drones un appel à participer à une première réunion nationale sur ce sujet le 14 juin à Paris   :

http://lesdrones.20minutes-blogs.fr/archive/2012/01/25/ci...

Voici aujourd'hui deux documents qui montrent l'importance de l'intégration des drones, aux yeux des acteurs Français

1-L'INTEGRATION DES DRONES EVOQUEE DANS LE BLOG DE www.pilotermag.com  

 2-Une lettre du CONSEIL NATIONAL DES FÉDÉRATIONS AÉRONAUTIQUES ET SPORTIVES qui a été adressée le 6 février au Directeur de l'aviation civile.

Dans ce courrier Monsieur Méreuze, délégué Général du CNFAS estime "qu’un débat national est nécessaire entre les différents usagers de l’espace aérien sur cette question fondamentale qui touche à l’accès au domaine public, à la sécurité des tiers au sol, à la liberté de circulation et à la complexité de l’espace aérien."


1- Voici tout d'abord l'article de PILOTERMAG.COM qui montre qu'il s'agit là d'une préoccupation partagée à juste titre par de nombreux pilotes et nous en profitons pour rappeler que la réunion de lancement du comité aura lieu le 14 juin à Paris.

PILOTER.JPg

Encore une fois nous pensons qu'il est indispensable que les Français se penchent très vite sur ce sujet. C'est un moyen peu coûteux de prendre de l'avance sur un sujet vital.

« Cela se passe… aux Etats-Unis, à la pointe en matière de développement et d’utilisation de drones (UAV pour Unmanned Aerial Vehicles ou UAS pour Unmanned Aircraft Systems). Le Congrès vient d’approuver une réglementation qui imposera l’ouverture de l’espace aérien américain aux drones. Il ne reste plus que le texte soit ratifié par le président pour qu’il soit applicable selon différentes étapes. Dans les 90 jours, les petits drones (moins de 2 kg) seront autorisés. Dans les deux ans, cela sera le tour des drones de 20 kg et tous les drones, quelles que soient les tailles et masses, devront être intégrés à l’espace aérien américain avant le… 30 septembre 2015 !

La presse aéronautique (aviation générale) américain s’étonne d’un tel calendrier, aussi serré que la réglementation qui impose une évolution des méthodes de gestion de l’espace aérien, des critères définis mettant en jeu l’aviation militaire et l’aviation civile, quand on sait aussi que le système dans de nombreux espaces aériens repose sur une sécurité assurée par le «voir et être vu» : solution qui n’est pas opérationnelle avec les drones par définition non pilotés… sauf du sol et à distance. La technologie pour permettre aux drones de localiser et d’éviter les autres aéronefs en vol n’est pas encore au point même si, en Europe notamment, des programmes ont été lancés pour trouver des solutions techniques…

Un seul passage pourrait faire «garde-fou» au projet réglementaire américain, le texte indiquant qu’au sujet du potentiel de collisions en vol, la FAA devra au préalable «s’assurer de la sécurité des systèmes et des procédures de navigation… avant l’intégration dans l’espace aérien national» !

La co-existence forcée des drones et des autres aéronefs , notamment civils et volant dans les basses couches, ne fait que commencer… Les premiers, étant soutenus par de puissants intérêts économiques et les utilisateurs militaires, ont tous les atouts pour peser fermement dans les «négociations». 

En France, la DGAC prépare depuis quelques années une réglementation en la matière…

www.pilotermag.com samedi 11 février 2012 »

2- Et voilà le texte de la lettre du CNFAS :

 

Paris, le 06 Février 2012

 Monsieur Patrick Gandil

 Directeur Général de l’Aviation Civile

 50 Rue Henry Farman

 75720 PARIS CDX 15

 

N.Réf. : CNFAS12 DM/MH/DS 12-284

Objet : Compatibilité des drones et de l’Aviation Légère et Sportive

 

 Monsieur le Directeur Général,

 

 Les représentants au CCRAGALS Sud-Est des fédérations du CNFAS ont été conviés le 17

 janvier dernier à une réunion de concertation pour un projet de création d’une zone d’essais

 dans la région de Carpentras au bénéfice d’un industriel privé voulant développer des drones.

 

Conformément à la réglementation actuelle, cette zone de taille respectable (étendue du sol

 au FL75) serait impénétrable, et viendrait de ce fait complexifier encore plus une région très

 dense en espaces aériens. Il est à noter que la vallée du Rhône est un endroit très utilisé en

 VFR.

 

Le CNFAS observe avec inquiétude la progression rapide des annonces des constructeurs

dans ce domaine prometteur de l’aviation civile, sachant que les drones sont destinés à

évoluer dans la même tranche d’altitude que l’aviation légère, qu’ils ne peuvent toujours pas

“détecter et éviter” et que la seule solution réglementaire proposée est la ségrégation.

 

Sans nous opposer au progrès technique, nous craignons que des situations de ce genre ne

 se multiplient, chaque industriel exigeant au nom d’intérêts économiques “sa“ zone d’essais

 privée, paralysant ainsi le domaine public (dont l’aérodrome de décollage) au détriment des

 autres usagers.

 

Cette question ne doit pas se régler au cas par cas au niveau régional : il me semble au

 contraire qu’un débat national est nécessaire entre les différents usagers de l’espace aérien

 sur cette question fondamentale qui touche à l’accès au domaine public, à la sécurité des

 tiers au sol, à la liberté de circulation et à la complexité de l’espace aérien.

 

Entre temps, nous vous demandons de bien vouloir faire appliquer un moratoire sur les  créations de zones temporaires ou permanentes au bénéfice de drones civils et nous nous permettons de suggérer que les industriels utilisent les zones existantes destinées aux essais en vol comme par exemple les zones du CEV.

 

Veuillez agréer Monsieur Le Directeur Général, l’expression de nos sentiments les meilleurs.

 Dominique Méreuze, Délégué Général du CNFAS


Lettre originale en pdf : LETTRE CNFAS.PDF


En conclusion nous invitons bien sûr PILOTERMAG et le CNFAS à participer à la réunion du 14 juin : comme vous le savez notre ambition est que la France "reprenne la main" des drones au niveau mondial et cela passe, tout d'abord, par l'intégration des drones.

 

 


 

 

 
 

dimanche, 05 février 2012

USA : intégration des drones dans l'espace aérien.

Dans un billet récent nous lancions le projet du plan d’intégration des drones dans l’espace aérien Français :

http://lesdrones.20minutes-blogs.fr/archive/2012/01/25/circulation-des-drones-appel-a-participation.html

Au Etats-Unis cette étape est déjà franchie et le congrès va ratifier une loi permettant l’intégration des drones dans l’espace aérien Américain.

« Bien que les drones existent depuis des décennies, seuls les progrès technologiques induits par leur usage militaire dans les dix dernières années ont fait qu’il est devenu possible de faire voler en tout sécurité des drones  pour accomplir des tâches trop dangereuses, difficiles, répétitives ou chères pour des avions pilotés.

Les drones sont une technologie révolutionnaire qui va complètement modifier la façon de penser l’aviation du futur  et cette législation marque le début pour la FAA (NDB : aviation civile US) de la réglementation de cette activité.»

Michael TOSCANO, président de l’AUVSI.

L’AUVSI, née aux USA est l’association internationale  des véhicules sans pilotes (association of unmanned vehicle systems).


 

Logo Auvsi.jpg


Les principales dispositions de cette réglementation sont les suivantes :

1.    La date limite de l’intégration complète des drones dans l’espace national Américain est fixée au 30 septembre 2015.

2.    Le plan complet de cette intégration sera défini dans les neuf mois à venir.

3.    L’aviation civile Américaine va créer une feuille de route sur 5 ans qui sera mise à jour annuellement. Les drones de moins de 20 kg seront autorisés à voler dans les 27 mois à venir. Dans les 6 mois à venir 6 sites d’essai seront créés.

4.    D ‘ici un an les drones de moins de 20 kg seront autorisés dans l’Arctique 24 heures sur 24, au delà de l’horizon et à une altitude d’au moins 600 mètres.

5.    Un accès à l’espace aérien plus rapide sera accordé aux utilisateurs publics tels les forces de l’ordre, les pompiers, les services de secours, etc.

6.    L’autorisation de vol sera accordée aux drones de moins de 2 kg sous 90 jours s’ils satisfont certaines exigences. Le but étant de permettre aux services concernés de sauver des vies et d’accroître la sécurité publique.

7.     L’aviation civile étudiera l’influence des facteurs humains et les causes d’accidents.

 

mardi, 31 janvier 2012

Pourquoi l'USAF arrête le Global Hawk (mis à jour)

 

 

 

global hawk,u2

Global Hawk bloc 30


Il semble que l’US AIR FORCE ait annulé des commandes de Global Hawk bloc 30 et diminué les commandes du Global Hawk bloc 40 .

Qu’en est-il exactement ?

1-les appareils

Le Global Hawk block 30 devait remplacer l'U 2 en tant qu'appareil de reconnaissance. Le bloc 40 a, lui, des capacités plus grandes que le bloc 30 en termes de surveillance et de renseignement plus que de reconnaissance. Autrement dit le 30 est le "concurrent" direct du vieil U2, avion piloté des années 50, rendu célèbre lorsque l'un d'entre eux fût abattu en mai 1960 au dessus de l'Union Soviétique  et que son pilote Gary Powers fût capturé.

2-La communication du Pentagone

Le secrétaire d'Etat adjoint à la Défense Ashton Carter a déclaré :  “ Nous pensions que le Bloc 30  allait remplacer le U2 pour la photographie aérienne mais son prix a fini par dépasser ce que nous avions prévu pour ces missions photo. Le Global Hawk est devenu cher et a subi le sort des choses qui deviennent chères dans un environnement budgétaire restreint".

3-les informations dans les médias

Elles sont généralement concordantes sur les faits essentiels.

Voici des extraits de l’article qui nous paraît le mieux résumer la situation. Il a été publié par defensenews.com sous la plume de Dave Majumdar le 25 janvier 2012.

"L’US AIR FORCE va vraisemblablement retirer sa flotte de Block 30 Northrop Grumman RQ-4 Global Hawk, redonnant vie au programme cinquantenaire de l’U2 qui volerait jusqu’en 2023.

 

global hawk,u2

Le Lockheed U2, né en 1956.

Non seulement l’USAF arrêterait ses commandes (42 GH BLOCK 30 au prix de 180 millions d’euros pièce) mais elle retirerait aussi les drones GH déjà en service de son arsenal.

Cette décision serait liée au coût d’achat et de maintenance mais également au fait que les GH n’auraient pas répondu aux attentes que le programme semblait offrir à l’origine.

L’USAF n’a fait aucun commentaire officiel mais s’est contentée de dire qu’aucun détail budgétaire ne serait disponible avant la publication du budget. 

Une source proche de l’USAF aurait dit que les senseurs, la chaîne d’information et d’autres équipements sont moins précis, ont une moindre résolution, moins de portée et moins de mémoire que ceux qui sont utilisés sur l’U2.

Il semblerait aussi que le GH ait été moins fiable que prévu, il passe le plus clair de son temps en panne au fond d’un hangar ."

Mais il faut ici rappeler que cet appareil est rentré en phase de production, sous la pression du Pentagone alors qu'il était encore en cours de développement en termes de fabrication et même de conception. Est-ce que ceci n'expliquerait pas cela ?

4-le communiqué du constructeur

 

FALLS CHURCH, le 26 janvier 2012

"Le Pentagone vient d’annoncer aujourd’hui qu’il envisage d’annuler le programme Global Hawk Block 30 et envisage de remplir cette mission avec l’avion U2.

Northrop Grumman est déçu de la décision du Pentagone et envisage de rechercher avec lui d’autres solutions que l’arrêt du programme.

Le Global Hawk a montré son utilité militaire en Irak, en Afghanistan et en Lybie et son apport humanitaire au Japon et en Haïti.

Le Pentagone avait fait la déclaration suivante « la poursuite du programme est essentielle pour la sécurité nationale…il n’y a pas d’autre option que ce programme qui apportera à moindre coût le moyen de répondre aux exigences des Etats-majors. »

Le Global Hawk est la solution moderne de surveillance. Il réalise une surveillance durable. A l’inverse, le vieillissant programme U2, qui date des années 50 met son pilote en danger, a des durées de vol limitées et une capacité limitée de collecte d’informations par ses senseurs. De plus prolonger sa vie induit des investissements additionnels. 

Northrop Grumman s’applique à travailler avec ses clients pour leur fournir les meilleures solutions ainsi qu’à leurs alliés. Nous sommes satisfaits du support que nous continuons a rencontrer pour le Global Hawk Block 40 system*, ainsi que pour le Broad Area Maritime Surveillance system de la Marine et pour nos autres drones."

global hawk,u2

Global Hawk bloc 40

*NDB : mais l’USAF n’achètera que 11 GH bloc 40 au lieu des 22 prévus

5-Conclusion

Il nous semble à travers cet exemple et quelques autres que les restrictions budgétaires Américaines vont être très fortes et que cela peut créer un risque sur la sécurité globale des pays Occidentaux à qui il revient de s’équiper en conséquence.

Pour en revenir au Global Hawk les reproches qui lui sont faits sont de deux ordres :

1-Le coût

2-Les performances inférieures de ses équipements par rapport à certains équipements de l’U2

Nous ne retenons pas la remarque sur le manque de fiabilité qui nous paraît devoir être confirmée, surtout si on la ramène au nombre d'heures de vol par sortie.

Quoique il en soit une solution paraît alors logique : pourquoi ne pas droniser les U2 ? Cela répondrait aux attentes en matière de coût et de performance. Et, éventuellement, de fiabilité aussi d'ailleurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dimanche, 29 janvier 2012

LA GUERRE DES DRONES D'APRES REUTERS MAGAZINE

Extraits d'un article de David Rohde qui, alors qu'il était prisonnier des Talibans, raconte ce que c'est de vivre la guerre en tant que "cible" des drones. Notons que ces souvenirs sous les drones s'étendent de novembre 2008 à juin 2009 et que, depuis, l'emploi des drones s'est beaucoup développé : le ressenti de D. Rohde doit donc être bien en dessous de ce qui se passe actuellement.

A l'époque D. Rohde travaillait pour le New York Times. 

 

DAVID.jpg


 

atwar.blogs.nytimes.com


"Ma vision des drones est inhabituelle. En novembre 2008 les talibans me capturèrent près de Kaboul en même temps que deux collègues Afghans et nous emmenèrent dans les zones tribales du Pakistan. Nous avons été détenus pendant 7 mois au Waziristan, qui était la cible de la majorité des frappes de drones à l’époque. Nous nous échappâmes en juin 2009.

Au bruit on aurait dit des Piper Cub ou des Cessna et on pouvait les voir à l'oeil nu. NDB : à l’époque la plupart des drones étaient mus par des hélices.

Nos gardes étudiaient leurs trajectoires pour tenter de savoir où ils risquaient de frapper. Lorsque deux drones apparaissaient au dessus de nous ils pensaient qu’une attaque était imminente. C’était parfois le cas, et parfois non.

Les drones nous terrifiaient. Du sol on ne pouvait savoir qui ou quoi ils traquaient alors qu’ils tournaient au dessus de nous. Le bruit d’une hélice lointaine est le rappel permanent d’une mort immédiate. Les drones tirent des missiles qui volent plus vite que la vitesse du son et la future victime d’un drone n’entend jamais le missile qui va la tuer.

Les Talibans Afghans et Pakistanais qui nous gardaient méprisaient les drones et les dénigraient comme une lâche façon de faire la guerre : ils en arrivaient à haïr Obama plus que Bush.

Le 25 mars 2009 fût le jour le plus difficile de notre captivité. En fin d’après-midi il y eut une attaque de drones devant notre maison. Les missiles avaient frappé à quelques dizaines de mètres et des éclats arrivèrent jusque dans notre cour. 

Nos gardes me firent descendre à flanc de colline et me poussèrent dans un break. Ils me couchèrent sur le plancher, posèrent une écharpe sur mon visage et ne dirent plus rien. Nous savions que si des militants apprenaient qu’un prisonnier Américain était là, ils me tueraient. Allongé dans la voiture j’entendais les militants hurler de colère alors qu’ils ramassaient leurs morts. Au loin une femme se lamentait. Silencieusement je récitai le Notre Père.

Un quart d’heure après ils me ramenèrent à la maison et me dirent que les missiles avaient touché 2 voitures, tuant 7 combattants, Arabes et Talibans. J’appris par la suite qu’un des gardes avait proposé que je sois décapité mais que leur chef avait refusé.

Les frappes alimentaient une paranoïa chez les Talibans. Immédiatement après cette attaque ils se livrèrent à une chasse à l’homme pour trouver l’espion qui, ils en étaient convaincus, avait secrètement guidé les Américains vers les deux voitures.

Quelques jours après des combattants étrangers arrêtèrent un homme du pays, l’accusant de guider les drones. Ils dirent qu’il avait « confessé » être un espion Américain après qu’ils l’eussent martyrisé et coupé une jambe. Ils le décapitèrent et pendirent son cadavre au marché local.

Cette captivité éveilla en moi beaucoup de compassion pour les civils Pakistanais, coincés entre la folie des Talibans et l’inhumaine technologie Américaine, qui  vivent l’enfer sur terre dans ces zones tribales…

L’auteur poursuit ensuite sur des considérations sur les responsabilités des Américains et de leurs ennemis qui ne nous paraissent hors des thèmes de ce blog où nous préférons nous tenir à l’écart des considérations morales qui ne sont pas de notre compétence.

Venons-en à la conclusion :

Les drones ne sont pas une réponse par eux-mêmes. A long terme ce seront les musulmans modérés qui vaincront les militants, pas la technologie. 

Certes. Mais comme l'écrit l'auteur les drones perturbaient profondément les opérations des Talibans. Et, à nos yeux, c'est là l'essentiel. Le reste relève de la politique et dépasse l'objet de ce blog.

Sinon pour dire que cela nous conforte dans l'idée que notre pays doit devenir un acteur majeur (l'acteur majeur ?) de l'industrie mondiale des drones.

 

SOURCE : http://www.reuters.com/article/2012/01/26/us-davos-reuter...

 

 

 

 

 


jeudi, 26 janvier 2012

REINDUSTRIALISATION RIME AVEC DRONISATION (MAJ)

La dronisation qu’est-ce que c’est ?

 

C’est la transformation d’engins existants en drones. Le pilote, le conducteur ou l’équipage ne se trouvent plus à bord mais agissent à distance.

Exemple : un certain nombre d’exemplaires de l’hélicoptère de transport US Kaman K-MAX qui est en production depuis 1991 ont été dronisés en 2010 et ont effectué leurs premières activités opérationnelles en Afghanistan en 2011.

kmax.jpg

Kamam K MAX 

Les avantages.

Un engin dronisé apporte beaucoup d'avantages supplémentaires par rapport à ceux, déjà nombreux, des drones natifs.


Rappel des avantages des drones :

 

1-La sécurité : le personnel n'est pas exposé aux coups de l'ennemi.

Ce qui est le principe de base de la guerre : "tuer sans être tué". Et qui présente d'importants avantages au plan politique en ne risquant pas de provoquer des réactions dans la population, contrairement à ce qui se passe lorsqu'il y a des pertes humaines. C'est la première fois dans l'histoire des conflits humains que l'on peut envisager des guerres sans victimes dans son propre camp.

Entendons nous bien : aucune guerre ne sera gagnée par des drones seulement, mais une grande, très grande partie des risques sera prise par des machines dont les équipages ne risqueront rien.

Imaginons (mais faut-il beaucoup d'imagination pour imaginer cela ?) qu'au bout de quelques années un régime pro-taliban s'installe en Afghanistan et serve de base arrière à des actions terroristes : il ne sera pas nécessaire de risquer des vies pour détruire les centres de décision et les ressources matérielles de ce nouveau régime : les drones y pourvoiront.

2-La disponibilité :  effectifs plus aisément remplacables que ceux des équipages exposés.

3-Le coût d'utilisation car les coûts de personnel "sédentaires" sont réduits par rapport à ceux des engins emportant du personnel sur le terrin, à l'étranger, etc.

4-La persistance : pas de fatigue ni de stress. Ni d'ennui...Et donc pas de risque d'erreurs liées à la fatigue ou au stress.

5-La performance : la seule limite imposée est celle de la structure de l'engin et non celle du corps humain.

6-L’insensibilité qui permet l’accès aux missions en zones polluées ou dangereuses.

7-L’absence de risque de laisser des prisonniers ou des documents et ce d’autant plus que le drone peut être doté d’un dispositif d’autodestruction qui serait inacceptable pour un engin portant des humains8-La pérennité de l'humain : cette notion de contraintes fortes du combat fait que les effectifs des pilotes et équipages de drones sont pratiquement inusables et, au contraire, s’enrichissent d’expériences, sans jamais connaître de pertes du fait de l’ennemi.

 

9-L’avantage psychologique que des drones, insensibles à la fatigue et à la peur, aussi intelligents que des hommes puisqu’ils sont effectivement pilotés par des hommes, mais capables d’attaquer sans relâche jusqu’à leur mort (mécanique)  peuvent prendre sur des troupes qui, elles, connaissent ces contraintes du combat, surtout devant un ennemi apparemment INHUMAIN.

 

Un escadron de chars classiques pourra ou devra décider de se replier selon les aléas du combat. Mais une meute* de drones sera toujours plus déterminée que ses adversaires, pouvant aller jusqu’à s’autodétruire en cas de capture rendant par là même sa capture sans intérêt aucun : chaque drone est un implacable kamikaze.

 

si lon parle couramment d’essaims de drones aériens, le terme de meute nous paraît mieux adapté aux drones terrestres.

 

Le Taliban le plus fanatique n’aura jamais la détermination d’un drone.

 

10-Et « last but not least » la QUANTITE : Staline a dit en 1942 que la quantité était une qualité par elle-même. Il faisait référence aux phénomènes de saturation de l’ennemi par le nombre d’hommes, de chars ou de pièces d’artillerie.

Or la quantité des drones n’est limitée que par la capacité industrielle et technique des pays constructeurs et non par le nombre de pilotes et d’équipages emportés, plus difficiles à former que ceux des drones et, surtout, sujets à être blessés ou tués.

N’oublions pas à ce sujet la leçon de la bataille d’Angleterre où les équipages Allemands abattus sains et saufs étaient faits prisonniers et perdus pour le Luftwaffe.

Cette notion de quantité qui forme une qualité est d’ailleurs le premier avantage des engins dronisés.

Mais il y en a d’autres comme nous allons le voir maintenant.

Les avantages des engins dronisés (ED) :

1-Pour mémoire la quantité sachant que toutes les puissances occidentales tendent à réformer les appareils anciens et voient fondre le nombre de leurs équipements par le jeu de l’augmentation des coûts.  

Si près de 900 Mirage ont été construits, il est peu probable que plus de 300 Rafale le soient. Une boutade courante est de dire que dans 50 ans les armées de l’air occidentales n’auraient plus chacune qu’un seul appareil.

La dronisation permettra de cesser de « casser » des engins coûteux et de continuer à les utiliser.

2-le coût de fabrication, et pour cause, car il s’agit d’engins aériens, terrestres et navals déjà construits.

Le seul investissement est celui des systèmes de fonctionnement à distance et d’auto fonctionnement. Or il s’agit là d’un investissement commun et adaptable à 70 à 80 % à d’autres engins similaires : nous voulons dire que ce qui est nécessaire pour opérer un F18 à distance ou automatiquement (nous faisons allusion aux essais effectués actuellement par l’US NAVY) peut être réutilisé en grande partie sur un F16, par exemple.

3-La prolongation du potentiel des appareils : un engin dronisé sera moins utilisé en réel car l’entraînement se fera beaucoup plus facilement en simulation, celle-ci étant très proche des conditions réelles d’utilisation.

Utiliser un char sur le terrain impose à l’équipage des contraintes physiques et psychologiques qu’un simulateur ne peut réellement recréer, alors que ce simulateur permet à l’équipage du même char dronisé de travailler pratiquement dans les mêmes conditions qu’en réel.

4-Lexclusivité : seuls les pays développés disposant d’une forte industrie de défense et ayant l’expérience de l’utilisation et de la maintenance des produits de cette défense sera à même de droniser des avions, des engins blindés, des bateaux.

Autrement dit les ennemis prévisibles des pays Occidentaux ne pourront réorienter vers les engins dronisés une industrie de défense qui peine déjà à leur fournir le matériel strictement nécessaire.

5-La réindustrialisation : il s’agit là d’une chance unique pour les Occidentaux et notamment pour la France de se réindustrialiser en convertissant leurs stocks nationaux et ceux de leurs clients en engins dronisés. Et il s’agit là d’une industrie qui ne devra bien sûr jamais être délocalisée pour des raisons stratégiques évidentes.

Nous avons pris des exemples guerriers mais les ED vont transformer aussi le transport civil non humain et de nombreux Airbus, Boeing et bateaux dronisés assureront une partie du transport de marchandises au cours des décennies à venir.

Ces avantages des engins dronisés, qui s’ajoutent encore à ceux des drones, vont révolutionner la stratégie et les transports avant la fin  de ce siècle.

Et nous aimons à penser ici que la dronisation contribuera au renouveau de l’industrie Française.


 

Sagaie.jpg

Bon à "droniser" ?

 
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