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mardi, 21 juin 2011

INDIGNONS NOUS !

M. Longuet a trouvé le moyen de ne pas prendre de décision...en attendant 2013, rien ne bougera. C'est d'un bon politique mais est-ce aussi d'un bon ministre ? N'est pas Colbert qui veut.

M. Longuet crée une commission qui, comme le fait remarquer M. Merchet -dans son blog secret defense sur Marianne- permet d'enterrer le problème :

"On prête ces mots à Clemenceau : "Quand on veut enterrer un problème, on crée une commission". Le ministre de la Défense Gérard Longuet en fournit une belle illustration au sujet des drones. Il doit annoncer, demain mardi, la création d'une équipe franco-britannique chargée de définir quel type de drone Male les deux pays ont besoin. Remise de la copie dans dix-huit mois, c'est-à-dire bien après les élections françaises. Une manière d'éviter de trancher dès maintenant, en France mais aussi au Royaume-Uni où les caisses sont encore plus vides. On sait qu'industriels et militaires s'opposent assez vivement sur la question : faut-il acheter des Reapers américains sur étagère ou lancer dès maintenant le programme franco-britannique Télémos ?


On s'attendait, sans doute naïvement, que la question soit tranchée à l'occasion du 49ème salon du Bourget qui a ouvert ses portes ce matin. Las ! Dans son discours d'ouverture, le président Nicolas Sarkozy a soigneusement évité le sujet. Son ministre de la défense s'était sans doute un peu trop avancé dans un entretien paru vendredi dans Air et Cosmos. Gérard Longuet expliquait alors : "Nous annoncerons au Bourget un projet de drone franco-britannique". On en est pas encore là. Le ministre semblait reprendre à son compte les arguments des industriels, soucieux de préserver le savoir-faire européen : " Le sujet des drones est trop stratégique pour qu'il se réduise à un simple sujet d'achat sur étagère (...) Le cadre de sélection est celui de l'accord franco-britannique" de novembre dernier.

L'annonce de la création d'un groupe de travail franco-britannique sur les drones reporte la décision à 2013. D'ici là, que faire ? L'achat de Reapers américains serait "compliqué" pour l'avenir d'une solution européenne, reconnait le ministre. Il souhaiterait
"faire évoluer les systèmes existants pour les prolonger" ou tenter une "expérience différente" pour une solution "intermédiaire" avec les Britanniques. Laquelle ? Mystère... Ce que l'on sait, c'est que le ministre aimerait que les industriels français du secteur (Dassault et EADS) se rapprochent.

La solution militairement raisonnable eut été de se procurer des REAPERS nécessaire transition avant une éventuelle solution Française ou Européenne. Nous disons bien Française ou Européenne et non DASSAULT-BAE."

En effet, plutôt que de favoriser toujours les mêmes industriels, le ministère aurait pu lancer un appel à projets permettant à de nouvelles solutions d'émerger : dans une période économique difficile c'eut été bien de faire apparaitre de nouveaux intervenants.

Mais non, attendons 2013 afin que les mêmes qui vient grassement des budgets de la défense depuis 50 ou 60 ans continuent d'en profiter.

Navrant.

Nous persistons à dire sur ce blog que la bonne stratégie était d'acheter US pour fournir aux militaires un bonne solution de transition, tout en lançant immédiatement nos propres projets et développements à travers de transparents appels d'offres.

Mais c'était sans compter sur le "mal Français"...


lundi, 16 mai 2011

QU'EST-CE QUE LONGUET VA DECIDER ?

Qu'est ce que Gérard Longuet va décider ?


D'après "Challenges" la France hésite encore entre deux Drones pour ses forces armées : le drone Américain REAPER très performant ou la solution proposée par Dassault et EADS d'un drone HARFANG Israélien modernisé : alors solution Américaine ou Israélienne ? Les militaires penchent nettement pour la solution Américaine, plus performante et plus évolutive.

Nous espérons qu'il tiendra compte des besoins tactiques, avant tout et qu'il choisira l'efficacité en attendant qu'un jour, que nous voulons proche, il puisse (ou ses successeurs...) choisir un drone vraiment Français : un "DRONE MIRAGE III" en quelque sorte, c'est à dire un appareil de qualité, largement exportable.

Reaper français : et pourquoi pas ?

800px-MQ-9_Reaper_-_090609-F-0000M-777.JPGDans le petit milieu de la défense, c'est l'hypothèse interdite. Pensez-donc : un achat sur étagères par la France de drones américains MQ-9 Reaper (« faucheuse », en anglais, photo ci-contre Us Air Force), parfois appelés par leur ancien nom Predator B, à l'industriel General Atomics... Hervé Morin était convaincu par l'idée, avant de se faire éjecter du gouvernement. Juppé n'a pas vraiment eu le temps de s'y coller avant de filer au quai d'Orsay. Gérard Longuet semble jouer la montre ; le blog Secret Défense annonçait un achat imminent le 4 mars dernier, avant que la décision ne soit repoussée par in extremis. Le ministère affirme désormais que la décision sur les drones MALE (moyenne altitude longue endurance) sera prise « d'ici à la fin du printemps ».
En coulisses, la bataille fait rage. Dassault et EADS, pour une fois d'accord sur un point, mobilisent leurs réseaux pour flinguer le projet façon puzzle, dénonçant un « renoncement stratégique » majeur. Jean-Claude Viollet, vice-président de la commission de défense de l'Assemblée nationale déclarait la semaine dernière devant l'AJPAE être opposé à un achat de Reaper : « Cela aurait pour conséquence d'hypothéquer toute chance pour l'Europe de développer ses compétences dans les drones ». La défaite d'EADS dans la compétition des ravitailleurs de l'US Air Force amène de l'eau au moulin des opposants au Reaper, qui soulignent que la France et l'Europe seraient bien mal inspirées de faire ce cadeau aux Etats-Unis.

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Le problème, c'est qu'il va bien falloir remplacer les Harfang (photo ci-dessus, EADS), à bout de souffle en Afghanistan. Les projets européens ? C'est évidemment la priorité des priorités, pour laquelle le financement doit être trouvé au plus vite. Mais aucun ne permet de livraison avant 2016-2017, au mieux. Le tandem BAE-Dassault propose un dérivé du drone Mantis du groupe britannique (programme à 1 milliard d'euros), mais pas avant 2016-2017. Quant à EADS, son projet Talarion (photo ci-dessous, EADS), estimé à 3 milliards d'euros que le groupe européen, vient d'être raboté pour se contenter d'une enveloppe de 300 millions d'euros. Mais ce financement ne permettrait que le développement d'un prototype à l'horizon 2013-2014, les livraisons de l'appareil définitif n'arrivant que bien plus tard en cas de financement complémentaire.
A court terme, la réalité est donc cruelle : la France ne peut que choisir sa dépendance. Vis-à-vis de l'israélien IAI si elle choisit de moderniser ses Harfang, développés sur plateforme israélienne : la solution est poussée par EADS qui proposerait quatre Harfang reconfigurés et cinq appareils neufs pour tenir jusqu'à 2020. Dépendance aussi vis-à-vis d'Israël si la France choisit un contrat de leasing du drone Heron TP d'IAI, comme le propose Dassault. Ou dépendance vis-à-vis des Etats-Unis si elle choisit d'acheter du Reaper. Et là, le problème se pose d'une tout autre manière : non pas France contre Etats-Unis, mais solution israélienne contre solution américaine.

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Côté performance, il n'y a pas de match : « Les performances actuelles du Harfang et du Reaper ne sont pas comparables, soulignaient les sénateurs Xavier Pintat et Daniel Reiner dans un avis du 18 novembre 2010Plus puissant, plus rapide, volant à plus haute altitude, le Reaper possède 36 heures d'autonomie contre 24 pour le Harfang (...) le potentiel d'évolution du calculateur du Harfang est plus limité que celui du Reaper. (...)  Enfin, l'effet de série bénéficie au Reaper, produit à 200 exemplaires, son coût à l'heure de vol étant bien inférieur à celui du Harfang [8000 euros contre 10 000 euros de l'heure]»
Les militaires en opérations abondent : un des responsables du détachement Harfang en Afghanistan assurait récemment dans la presse spécialisée que le Harfang est « dans le peloton de queue des pays de la coalition, sans possibilité d'évolution à court terme » et que le Reaper permettrait de « combler rapidement le fossé technologique et capacitaire » qui sépare les forces françaises de leurs homologues, notamment britanniques et américains. Le Reaper permettrait un fonctionnement en coalition avec d'autres pays européens qui en sont équipés, comme le Royaume-Uni et l'Italie. Il pourrait être armé en cas de besoin (missiles anti-chars, bombes guidées laser), mais aussi équipé de matériel français : pods, radars, caméras. Même modernisé, le Harfang resterait pénalisé par l'obsolescence de sa plateforme et la faiblesse de son moteur.

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Question retour industriel, EADS travaille avec l'israélien IAI depuis le début des années 2000, développant notamment la liaison satellite du Harfang. Mais il en perd régulièrement son latin : retards à répétition, surcoûts, absence quasi-totale de transferts de technologies, IAI gardant la haute main sur une plateforme de toute façon obsolète. Côté américain, EADS aurait obtenu des garanties il y a un an. Selon des sources proches du dossier, non confirmées par EADS, le groupe européen aurait même négocié un « technical agreement » en avril 2010 avec General Atomics, qui n'attendrait plus que la signature définitive d'EADS : celui-ci ouvrirait la voie à une « francisation » du Reaper, avec des équipements satcoms, des radars, systèmes d'écoute... EADS serait chargé du système de système de management de vol (FMS) et le banc d'intégration serait en France.
Bref, la question des drones MALE est autrement plus complexe qu'une simple guéguerre européano-américaine. Faut-il acheter du Reaper ? La question mérite au moins d'être posée, sans tabou et sans idéologie. S'il est possible de combler le déficit capacitaire avec des drones américains tout en gardant les moyens de financer au moins un des programmes européens, BAE-Dassault ou Talarion-EADS, un achat sur étagère américain se défend. On l'a déjà fait sur les ravitailleurs C-135, les missiles Hellfire et Javelin, les Awacs, le système Rover, les catapultes du Charles-de-Gaulle, et ça n'a pas tué l'industrie française.
Encore faut-il éclaircir deux points essentiels. Un, le vrai prix des Reaper. Les estimations varient du simple au double : 525 millions d'euros pour trois systèmes de trois vecteurs et deux stations-sol, selon le député Jean Claude Viollet ;  250 à 300 millions de dollars pour la même cible, plus 10 millions de dollars l'appareil supplémentaire, prix avancé par des familiers de l'offre américaine. La deuxième question est celle de la dépendance vis-à-vis des Etats-Unis, notamment sur les liaisons satellites. Le ministère et la DGA ont encore quelques jours pour éclaircir le sujet.




du site : http://supersonique.blogs.challenges.fr/

 
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